20 ans après sa création, le RMI (revenu minimum d’insertion) disparaît au profit du RSA (revenu de solidarité active) lancé à linitiative de Martin Hirsch, l’ancien président d’Emaüs France.
C’est quoi ça ?
Contrairement au RMI, le RSA est un revenu d’activité, cela signifie tout « simplement » que vous allez pouvoir commencer à toucher 454,63 euros à partir du moment où vous travaillez. C’est un dispositif sans limitation de durée dont le montant va baisser au fur et à mesure que vous allez augmenter votre salaire et ceci sans limitation de durée.
Il s’agit d’un complément de revenu, qui va remplacer le RMI et l’API (allocation de parent isolé) : on baisse donc les dépenses publiques.
C’est pour qui ?
Pour l’instant, il est réservé aux plus de 25 ans soit un peu plus de 4 millions de personnes, considérons 2 populations :
- Salariés pauvres (moins de 817 euros / mois) ils pourront cumuler les minimums sociaux (RMI, API, allocations familiales, allocations logement…) jusqu’à un certain seuil. Pour ces 2 millions de personnes qui travaillent, le RSA sera effectivement un complément de revenus,
- Personnes sans activité les actuels titulaires du RMI et API toucheront également le RSA. Pour eux, cela ne changera rien au niveau des revenus, le nom du revenu social change mais n’augmente pas. En revanche, ils ont pour obligation de se rapprocher auprès du pôle emploi (Assedic + ANPE) pour trouver un travail. Cela concerne entre 300 000 et 400 000 personnes en plus, qui devront s’inscrire au Pôle emploi.
Comment on fait ?
Pour ceux qui touchent déjà le RMI et l’API, il n’y a rien à faire : les organismes sociaux se chargeront de faire un transfert de dossier. Pour les salariés pauvres, ils doivent déposer un dossier avant le 15 juin 2009 à la caisse d’allocation familiale.
C’est quoi qu’on attend ?
Réduction de la pauvreté en augmentant le revenu des travailleurs pauvres, on espère une diminution des pauvres puisqu’on augmente leurs revenus. L’opposition parle d’une trappe à la pauvreté car certains patrons peu scrupuleux pourraient être tenté de baisser les salaires de leurs employés en conséquence, pour l’augmenter artificiellement avec le RSA. Ce qui ne constituerait plus un revenu d’activité mais un complément de salaire, pour arriver au même montant qu’avant.
Retour à l’emploi c’est une aide au retour vers l’activité, dont un volet comprend une partie sur l’accompagnement et la formation des personnes. Comme toujours, on peut se demander de quels moyens disposeront les organismes sociaux pour pouvoire mettre cette politique en place. En plus, cette aide est à la charge des départements, qui manquent déjà cruellement de moyens sur certains points. L’état devrait compenser cette nouvelle compétence jusqu’à une certaine hauteur.
Mon avis personnel
Une fois n’est pas coutume, je me permets de vous donner mon avis, ce dispositif étant très décrié: opposition contre majorité, association contre gouvernement, syndicat contre gouvernement comme d’habitude…
La France était très laxiste sur certains points concernant le chômage : vous pouviez ne pas aller travailler, refuser les offres que l’ANPE vous faisait et profiter des minimums sociaux. Il s’avère que les dépenses publiques augmentent de plus en plus, notamment en cette période de crise. Il faut de l’argent partout : éducation, hôpital, retraites, etc. Comment trouver des sous pour tout ça ?
Une des solutions est de « casser » une certaine population de gens qui profitent du système en cumulant ces aides sociales et en travaillant de façon non déclarée. Ces « débrouillards » sont fortement avantagés par rapport à d’autres qui préfèrent être dans la légalité : caissière à temps partiel, commis sous-payés, femme de ménage qui cumulent plusieurs jobs, et j’en passe.
Ce dispositif est un pas de plus vers un système à l’anglo-saxone où les valeurs du travail sont ré-apprises, par la « force » dans un premier temps certes puisqu’on oblige les gens à aller travailler pour qu’ils ne perdent leurs avantages.
N’est-il pas normal d’avantager les gens qui vont travailler, qui ont un bas salaire en leur donnant un revenu complémentaire ? Est-ce choquant d’aider les travailleurs pauvres qui ne s’en sortent pas à la fin du mois ? Vous travaillez donc vous êtes récompensé, c’est cela la logique de ce dispositif.
Il est évident que certains patrons peu scrupuleux profiteront eux aussi du système en baissant le salaire de certains employés, en se basant sur le complément du RSA qui sera versé : ils pourraient donc déléguer une partie du salaire à l’état, ce qui ne constituerait plus un revenu complémentaire d’activité, c’est à dire un revenu en plus mais un revenu de substitution.
Après, à force de voir les faiblesses du système… on ne fait plus grand chose.
Source Lexpansion
Edit du 2/6/2009 voici une critique très acerbe du RSA, « le RSA c’est le RMI en pire », par Marianne2.fr
Edit du 29/7/2009 1,3 millions de foyers bénéficient du RSA. Source
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Ping : Neomaniacs sur Blogasty
Entièrement d’accord avec ton avis de fin d’article.
Moi je pars toujours du principe : « Voyons ce que celà donne ».
Je trouve de plus en plus déplacé les critiques de la gauche envers la droite, comme si notre monde était TOUT BLANC ou TOUT NOIR.
Très bon article.
++
Ni de gauche, ni de droite… Juste une maman seule depuis janvier avec trois enfants à charge qui ne rêve que d’une chose avoir un travail stable ! Parcours classique : succession de stages puis deCDD, 1er enfant, frais nourrice et transport trop élevés par rapport salaire donc interruption vie professionnelle. PAS PAR CHOIX ! Séparation en janvier. PAS UNE LUBIE ! Seule, devant nourrir des enfants qui ont faim, débuté formation. Le RSA tombe : de 620€ d’API je passe à 270€ de RSA dans la même situation (publicité mensongère). Je veux travailler, je veux vivre normalement et n’ai pas besoin de leçons de morale pour cela (fantasme collectif qui voudrait qu’on adore vivre avec une allocation ridicule). Question : se projeter dans l’avenir nécessite d’avoir des ressources pour faire face temporairement (frais de formation, transport…), avec 270€ je fais comment ?
Bonjour Alice,
Votre situation est vraiment très difficile, je ne peux que l’imaginer et y compatir à défaut d’autre chose. Quelle est l’explication que les services sociaux vont ont donné pour une baisse aussi drastique ?
En tous les cas, c’est toute la différence qui peut exister entre les beaux discours politiques (autant de droite que de gauche d’ailleurs, ce sont tous les mêmes) et la pratique : un fossé.
Devant le fossé, les biens pensants de nos élus sont très confortables dans leurs salaires mensuels de plusieurs milliers d’euros par mois. Derrière le fossé, l’on retrouve des gens, des visages… la réalité derrière les belles paroles.