Bibifoc a mal à sa banquise

juillet 28, 2009 dans Actualite, Société

Vous qui pensiez que l’Europe ne servait à rien, détrompez-vous. Elle aura au moins servi à interdire la vente de produits dérivés à base de phoques. Nos amis Canadiens qui sont les premiers intéressés ont, bien entendu, menacé de saisir l’OMC : « laissez-nous les dépecer vivants et les exterminer, en plus, que diable, c’est notre culture !!! ».

Notons que ce vote n’était qu’administratif car dans les faits, il était peu probable que cette résolution ne soit pas adoptée, seuls 3 pays se sont abstenus : le Danemark, l’Autriche et la Roumanie… grand bien leur fasse.

Cette fois, c’est officiel, après les États-Unis et le Mexique, le Canada prend un nouvel embargo à la figure, et avec élan s’il vous plaît, et oui il nous plaît.

Le Ministre des pêches canadien, Gail Shea, se pose comme victime car il déplore qu’une pêche sans cruauté soit interdite. Même si les échanges entre l’Union et le Canada ne représentent qu’un peu plus de 4 millions d’euros, il affirme que les répercutions seront très graves sur les milliers de chasseurs canadiens.

L’Union a toutefois autorisé la vente pour les populations Inuits « à des fins non lucratives ». Il est vrai que la pêche, notamment au phoque, constitue l’une de leur principale source de revenus. Il est aussi manifeste qu’après l’arrivée de l’homme blanc, les Inuits ne sont plus que des fantômes dans leur propre territoire, assistés et poussés jusqu’à l’alcoolisme… ceci est un autre débat,  »bienvenue dans un monde meilleur ».

Ottawa a autorisé l’abattage de 338 000 phoques cette année en clamant haut et fort que l’espèce n’était pas menacée… soit, c’est d’ailleurs un fait établi. A titre d’information, le Canada, le Groenland et la Namibie sont responsables de 60% des massacres de phoques dans le monde, environ 900 000 au total.

Les chasseurs utilisent une arme redoutable, l’hakapik, qui permet de fendre le crane des jeunes phoques (de 0 à 12 jours) en 2, et leur « offrir » une mort rapide sans qu’ils ne souffrent trop, quelle bienveillance ! Oui mais il y a un mais : il est interdit de chasser ces jeunes phoques. Par conséquent, on se rabat sur des spécimens adultes qui résistent davantage à cette arme. Leur squelette est déjà constitué et plus résistant que celui des jeunes, c’est pourquoi au lieu de fendre leur crane, l’hakapik ne fait que l’ébrécher suffisamment pour les immobiliser de sorte qu’ils ne puissent plus s’enfuir : ils agonisent pendant des heures jusqu’à qu’on vienne les achever.

De la même manière, les chasseurs tirent de plus en plus les phoques par bateau à l’aide d’une carabine. Pensez-vous que ces messieurs soient suffisamment adroits pour les tuer d’un seul coup? Là encore, les phoques agonisent pendant des heures jusqu’à ce qu’on vienne les achever.

Au delà d’une chasse qui se veut emprunte d’une culture ancestrale, l’on parle surtout d’une maltraitance abominable à l’encontre d’animaux parfaitement inoffensifs dont le seul malheur est d’être eux-aussi attachés au territoire de leurs ancêtres.

C'est avec ça qu'on massacre les phoques : un hakapik

C'est avec ça qu'on massacre les phoques : un hakapik

C'est très courageux un chasseur

C'est très courageux un chasseur

Un massacre de phoque

Un massacre de phoque

un phoque... très menaçant n'est ce pas ?

un phoque... très menaçant n'est ce pas ?

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